Reconsidération de Camus et L’Étranger

Albert Camus a une mauvaise réputation, qu’il ne mérite pas entièrement. Il a été critiqué par des écrivains postcoloniaux  à cause de raisons importantes. Certaines de ses oeuvres sont très problématiques, c’est vrai, et le roman le plus critiqué par son racisme est L’Étranger (Moreau 206). Il y a beaucoup d’interprétations politiques de L’Étranger; je voudrais proposer qu’il faut retourner à l’interprétation littéraire des œuvres littéraire de Camus, et faire des interprétations politiques de ses œuvres politiques. Il est complètement vrai que toute l’écriture est politique, mais je pense que Camus a été jugé trop durement pour les messages implicites dans ses oeuvres littéraires, et pas assez pour les messages explicites dans ses essais politiques et articles de journal. Pour trouver une image plus vraie des idées de Camus du colonialisme, il faut interpréter de nouveau ses oeuvres fictives, et regarder sa vie et son journalisme. Ce faisant, on peut voir que Camus avait une empathie réelle pour les Algériens de toutes les races.

L’Étranger, écrit en 1942, est un des romans les plus célèbres de Camus. C’est aussi un des romans les plus critiqués à cause de son racisme. Il existe beaucoup de livres qui le critiquent. Mais, selon David Carroll, l’auteur de Camus, The Algerian, il faut lire L’Étranger “sans la mentalité d’un procureur,” (Carroll 15). Aussi, il faut se souvenir que Camus n’a pas écrit L’Étranger pour montrer un exemple de justice ou un bonne philosophie (Heffernan 2). Dans le passé, Pierre Nora, une critique sévère de Camus, a dit que le personnage de Meursault incarne le colonisateur (Foley 15). D’autres critiques post colonial sont unanimes qu’il y a de racisme dans le livre. Ils ont raison; Meursault a tué un Arabe, qui n’avait pas un nom. Mais je voudrais montrer qu’il y a un autre interpretation de L’Étranger, dans lequel on peut voir une vraie critique  du colonialisme.

Dans le roman, Meursault n’est pas jugé pour avoir tué un Arabe; il est jugé parce qu’il n’a pas pleuré lors de la mort de sa mère. Camus a créé Meursault comme une victime du système de justice et de la société (Moreau 210). Ceci est le but du roman: Meursault doit être condamné pour ne pas avoir des émotions normales, pour être un étranger, et pas pour avoir tué un homme. Pour que l’histoire marche, le jury doit oublier qu’un homme a été tué. Donc, Camus a utilisé un Arabe pour Meursault à tuer, parce qu’il sait que la société française ne considéraient pas des Arabes comme des humains. C’est les colonisateurs qui oublient que Meursault a tué un être humain! L’avocat de Meursault a dû rappeler au jury que Meursault est poursuivi pour avoir tué un homme. Par conséquent, Camus montrait le racisme de la société algérienne. De plus, en rejetant le christianisme, Meursault rejette s’assimilation de la société française. Carroll déclare qu’être “jugé par la loi et donc d’être soumis au jugement de société, des gens qui jugent, mais qui ne sont pas jugés, c’est d’entrer dans le monde peuplé presque exclusivement par des Arabes” (Carroll 32). Meursault est donc un étranger, comme les Arabes (Carroll 33). La société ne l’a pas jugé pour ce qu’il a fait. Ils le jugent pour ce qu’il est. En utilisant cette méthode de lecture, on peut voir que Camus a ressenti de l’empathie pour les Algériens arabes. Comment a-t-il développé cette empathie? Pour cela il faut regarder sa vie.

Camus est né en Algérie. Les deux parents de Camus étaient presque illettrés et sa mère était presque aveuglée. Quand Camus avait un an, son père est mort dans la Première Guerre Mondiale. Après la mort de son père, Camus a grandi dans un quartier pauvre, qui abritait des gens de nombreuses races et cultures. Sa famille était très pauvre, sa mère était malade, et sa grand-mère l’a soigné (Toumi 89). Camus a cru que la moitié de sa famille, sur le côté de son père, était venue de l’Alsace. Ils se sont enfuis en 1871, parce qu’ils n’ont pas voulu vivre dans une Alsace occupée par l’Allemagne, après la guerre (Carroll 2). Ceci donne une signification plus complexe à la famille de Camu étant en Algérie; ils étaient en Algérie parce qu’ils avaient été opprimé, pas parce qu’ils voulaient opprimer des Algériens indigènes. Aussi, la famille de la mère de Camus était espagnol. Ils étaient venus en Algérie pour échapper la lutte en Espagne, mais ils ont trouvé la lutte en Algérie. Carroll avance que la naissance de Camus dans la pauvreté l’a fait moins intéressé par le colonialisme, politiquement et économiquement, que les colonisateurs riches qui ont profité beaucoup de leur statut privilégié en Algérie (Carroll 23).

Donc, ce n’est pas juste de dire que Camus était le comme les colonisateurs riches. Camus a bénéficié de l’école; elle lui a donné des opportunitées, pas l’argent. De cette façon, il était différent de la plupart des autres écrivains, qui étaient des aristocrates. Mais, Camus était un citoyen français et il avait des droits et des protections, contrairement à la plupart des Algériens arabes et berbères. Donc, son expérience n’était complètement ni française ni arabe.

Edward Saïd, le plus célèbre critique de Camus, pense que, en rejetant les gens natifs d’Algérie, Camus perd le droit de s’appeler Algérien, et aussi, il perd le droit d’utiliser des paysages d’Algérie dans ses romans. Selon Saïd, Camus était complice du colonialisme français en Algérie, et également, ses œuvres ont constitué une “défense déterminée de colonialisme français” (Carroll 12). L’absence de personnages arabes dans les romans de Camus, c’est de l’évidence de ses sympathies colonialistes, du point de vue de Saïd. De plus, Pierre Nora a dit que Camus avait une haine subconsciente pour les Algériens, parce que tous les Pieds-Noirs ont senti cette haine (Foley 15). Cependant, Camus a rejeté la politique française et les pratiques militaires en Afrique du Nord. Il a consacré beaucoup de son journalisme à humanisation des Algériens arabes et berbères. De 1939 à 1958, il a dénoncé des injustices coloniales dans ses essais journalistiques et dans ses éditoriaux sur le sujet de l’Algérie (Carroll 23). Quelques critiques ont dit que ce n’était pas assez.

Par exemple, un premier critique de Camus, Connor Cruise O’Brien fait valoir que Camus a soutenu la répression gouvernementale, parce qu’il s’opposait “constamment à la négociation avec les chefs réels de la rébellion, le Front de Libération Nationale” (Carroll 13). C’est vrai que Camus a refusé à négocier avec le FLN, mais ce n’était pas parce qu’il détestait les Algériens. Camus pensait que le FLN était un organization terroriste, qui a tué les personnes innocentes de toutes les couleurs de peau. Mais surtout, il pensait aussi que le gouvernement français avait aussi commis des acte terroristes (Carroll 145). Camus a opposé les deux côtés de la guerre algérienne. Il a dit, “si nous avons un devoir en ce pay, il est de permettre à l’une des populations les plus fières et les plus humaines en ce monde, de rester fidèle à elle-même et à son destin” (Camus 183). Il a voulu la paix pour l’Algérie, et pas une guerre ou du terrorisme. Donc, quelques autres critiques, comme le sociologue Michael Walzer, l’ont considéré comme “un dissident courageux, un homme de justice” qui a eu des idées pratiques et raisonnables sur le sujet d’indépendance algérienne, par opposition avec “alternatives inacceptables”, comme le terrorisme (Carroll 13). Alek Baylee Toumi, un auteur postcolonial, croit qu’il “est impossible que Camus ait été anti-arabe, colonialiste ou raciste, comme beaucoup l’ont accusé de l’être,” à cause de sa défense des intérêts des Algériens (Toumi 98).

Toumi écrit que la voix d’Albert Camus “était la seule exception dans le silence général” sur le sujet des injustices en Algérie dès le début de la guerre (Toumi 93). Camus a publié une série d’articles qui s’appelle les Chroniques Algériennes, dans lesquels il a affirmé, “ce peuple (les Algériens) n’est pas inférieur” (Toumi 93). Après un massacre tragique dans une ville en Algérie, Camus était la première personne française à dénoncer cette violence. Et puis, il a dit, en 1945, que “devant les actes de répression que nous venons d’exercer en Afrique du Nord, je tiens à dire ma conviction que le temps des impérialismes occidentaux est passé” (Toumi 93). En 1947, Camus a écrit un article dans le journal de résistance français, Combat, qui comparait l’action militaire française en Algérie aux actions des Nazis. Il a déclaré, “si nous, le français, nous sommes révolté contre leur (les Nazis) terreur, c’était parce que nous avons cru que tous les Européens étaient égaux dans des droits et la dignité. Mais si les Français peuvent maintenant entendre parler des méthodes utilisées dans quelques cas par d’autres Français contre des Algériens et des Malgaches et ne pas réagir, c’est parce qu’ils sont inconsciemment certains que nous sommes, d’une certaine façon, supérieure à ces gens” (Carroll 53). Cela ne sont pas les mots d’un colonialiste.

Carroll croit que “à juger et accuser Camus pour son idéologie colonialiste, ce n’est pas à le lire” (Carroll 15). C’est à ignorer les questions spécifiques posées dans ses œuvres, “les contradictions qu’ils confrontent, et les incertitudes et les dilemmes qu’ils expriment” (Carroll 15). Aussi, utiliser seulement ses romans pour prouver qu’il était un colonialiste, c’est d’ignorer son journalisme, ce qui montre clairement qu’il n’était pas un colonialiste. Camus n’était pas vraiment ni français ni algérien, mais il avait de l’empathie pour tous; cela est évident dans ses oeuvres, sa fiction et sa non-fiction aussi.

 

Bibliographie

Camus, Albert, Jean Grenier, Marguerite Dobrenn, and Jan F Rigaud. 2003. Correspondence,

1932-1960. Lincoln: University of Nebraska Press.

Carroll, David. Albert Camus the Algerian: Colonialism, Terrorism, Justice. Columbia University Press, 2007.

Foley, John. Albert Camus: From the Absurd to Revolt. Acumen, 2008.

Heffernan, George. “‘J’ai compris que j’étais coupable’ (‘I understood that I was guilty’): A

Hermeneutical Approach to Sexism, Racism, and  Colonialism in Albert Camus’ L’Étranger/The Stranger.” Albert Camus’s The Stranger: Critical Essays. Cambridge Scholars Publishing, 2014, pp. 1-26.

Toumi, Alek Baylee. “Albert Camus, l’Algérien: In Memoriam.” Nouvelles Études Francophones, 25, no. 2, 2010, pp. 88–100.