Claire Gillen ’19

Dans le roman de Claire de Duras, Ourika, il s’agit des questions de race, de genre et de classe pendant la Révolution Française. Ourika est une jeune femme qui a été prise du Sénégal à un jeune âge après la mort de ses parents. Elle a été adoptée et soignée par l’aristocrate Madame de B, qui lui a donné une vie de luxe au lieu de l’esclavage. Malheureusement, la vie d’une jeune femme noire aristocrate était assez complexe et Ourika est tombée dans une dépression profonde qui a duré pendant la plus grande partie de sa vie adulte. Associée à d’autres sources, l’histoire d’Ourika montre la place de l’empathie dans les rôles de genre dans l’aristocratie avant et après la révolution. Le rôle d’Ourika dans la société est compliqué par sa race, et dans cette papier j’explorerai les effets qu’elle a eu sur son rôle de femme dans l’aristocratie. Je vais aussi mettre Ourika et Elizabeth Dido Belle – une femme élevée en tant que aristocrate noire dans le même moment – pour voir comment leurs expériences parlent de changements dans la société française. La vie d’Ourika permet au lecteur de voir les inégalités de genre et de race dans la société française. 

Avant la révolution française, il y a beaucoup des attentes autour du mariage pour des femmes. Elles devaient se marier, avoir des enfants et prendre soin de leur ménage. Ourika a un problème bizarre avec ça – elle a été dans un position où elle pense qu’elle ne peut pas marrié. Quand Ourika était une fille, Madame de B a une grande fête pour lui. À la fête Ourika a effectué une danse traditionnelle où elle <<devait représenter l’Afrique>> (Duras 10). Cette fête était l’introduction de la société pour Ourika qu’une jeune femme aristocratique, mais elle représentait toujours l’Afrique et dansait avec un partenaire qui portait <<un crêpe sur son visage>> parce qu’il était blanc et Ourika était noire (Duras 10). Après la fête, Ourika dit <<on m’applaudit, on m’entoura, on m’accable d’éloges: ce plaisir fut sans mélange; rien ne troublait alors ma sécurité>> (Duras 11). Ourika n’a aucune idée qu’elle n’est pas juste un autre femme de l’aristocratie. Quelques jours après la fête, Ourika entend Madame de B et son amie, la Marquise, parler de l’inhabilité de l’Ourika à se marier. Madame de B dit <<je l’aime comme si elle était ma fille; je ferais tout pour la rendre heureuse; et cependant, lorsque je réfléchis à sa position, je la trouve sans remède. Pauvre Ourika! Je la vois seule, pour toujours seule dans la vie>> (Duras 12). Ourika prend cela littéralement et pense immédiatement qu’elle sera seule pour toujours. Elle dit <<je vis tout; je me vis négresse, dépendante, méprisée, sans fortune, sans appui, sans un être de mon espèce à qui unir mon sort, jusqu’ici un jouet, un amusement pour ma bienfaitrice, bientôt rejetée d’un monde où je n’étais pas faite pour être admise>> (Duras 12). Malheureusement, Ourika avait raison à propos de certaines de ces choses. A cette époque de la société française, les femmes étaient complètement dépendantes de leur mari ou de leur famille (Koh 20). Ourika, Madame de B et la Marquise acceptent immédiatement que Ourika ne se marierait pas et n’essaya pas de trouver une autre option tout au long du roman.

Cette acceptation du malheur d’Ourika montre la pitié de Madame de B et la Marquise pour Ourika. Bien que Madame de B dit <<je réfléchis à sa position, je la trouve sans remède>>, elle et la marquise ne peuvent pas empathiser avec Ourika. André Dussart dit <<l’empathie consiste à s’identifier à autrui, à éprouver les mêmes sensations et sentiments, à comprendre sa vie affective..  c’est une projection de notre moi dans les êtres et les choses, une objectivation de notre vie affective>> (Dussart 109-110). Madame de B et la Marquise ne peuvent pas sympathiser avec Ourika parce qu’ils sont des femmes blanches aristocratiques qui ne connaîtraient jamais la même situation que l’Ourika. Si Ourika a été amenée en France en même temps que la vrai femme à laquelle elle était basée, le mariage interracial n’était pas légal en ce moment ou il était juste légalisé. Le mariage interracial n’était officiellement légal qu’en 1818-1819, quelques années seulement avant la publication de l’Ourika en 1823. Ce manque d’empathie rend difficile l’empathie du lecteur avec Ourika. Véronique Larrivé dit <<les émotions fictionnelles, véritable catalyseur du processus de simulation qui permet au lecteur d’éprouver corporellement le point de vue du personnage, participent-elles pleinement au processus de compréhension et d’interprétation de l’histoire>> (Larrivé 1). Par conséquent, le lecteur a de la difficulté à s’identifier l’empathie pour Ourika à cause de la pitié qui l’entoure.

Quand Charles rentre de ses études à l’étranger, Ourika tombe amoureuse de lui et éprouve plus de souffrance à propos de sa capacité à se marier. Ourika pense que <<Charles avait les deux belles passions de son âge, la justice et la vérité>> (Duras 25). Ourika voit Charles comme son meilleur ami mais elle ne lui avait <<rien dit de toutes les idées qui s’occupaient>> (Duras 19). Après Charles se soit fiancé, Ourika a tombé malade. Madame de B n’avait pas de questions sur pourquoi Ourika était malade mais Charles <<s’en accabla>> avec des questions (Duras 34). Quand Ourika donne des excuses pour sa maladie soudaine et Charles la croit, elle se sent <<l’amertume rentra dans mon âme en voyant qu’il me croyait>> (Duras 34). Il est intéressant que Ourika ne veuille pas dire à Charles ce qui ne va pas mais elle est déçue quand il ne sait pas. Quand Ourika et Charles ont parlé, elle a dit <<il ne me demandait ni intérêt ni attention; il savait bien qu’en me parlant de lui, il me parlait de moi, et que j’étais plus lui que lui-même>> (Duras 26). Ourika <<ne pensait jamais à parler à Charles de ce qui s’avait tant fait souffrir>> parce que <<ces conversations avaient sur moi je ne sais quel effet magique>> (Duras 26). Ces citations permettent au lecteur de voir comment Ourika s’inscrit parfaitement dans le rôle attendu des femmes à l’époque. Ourika se contente d’être le miroir de l’homme qu’elle aime; elle sait ne pas parler en public, mais exercer son pouvoir dans la sphère domestique (Koh 24). Cela crée une question intéressante d’empathie dans leur relation: comment l’empathie peut-elle exister si une personne ignore les sentiments de l’autre? Le lecteur de Duras est obligé de considérer si Charles ignorant la situation d’Ourika est typique des hommes de l’époque ou s’il prétend ne pas être conscient de préserver sa dignité. De plus, si toutes les femmes étaient censées être le reflet de leurs maris, est-ce que des femmes ont reçu de l’empathie de la part des hommes à cette époque? L’écriture de Duras, combinée à la définition de l’empathie de Dussant, soutient que les hommes ne pouvaient pas sympathiser avec les femmes en ce moment parce que <<l’empathie consiste à s’identifier à autrui, à éprouver les mêmes sensations et sentiments, à comprendre sa vie affective>> (Dussant 109).

La relation de Charles et Ourika est étroitement liée à la révolution française. Bien que la vie d’Ourika en tant que membre de l’aristocratie soit menacée par la révolution, son statut de femme noire pourrait être grandement amélioré à travers les idéaux de la révolution. Les femmes se battent pour l’égalité des droits et certaines améliorations sont apportées – des lois permettent aux femmes de se marier et de divorcer selon les mêmes règles que les hommes et un tribunal de la famille est également établi garantissant aux femmes des droits presque égaux à ceux de leurs enfants (Koh 20). En outre, une série de modifications du droit des successions, les femmes ont garantit l’égalité de l’héritage avec leurs frères et autres parents masculins. Alors que toutes ces nouvelles lois donnaient plus de pouvoir aux femmes, elles devaient encore se marier pour obtenir la citoyenneté féminine – faisant ainsi du mariage un acte à la fois autoritaire et répressif. Les droits des noirs étaient également combattus pendant la révolution française. Les Noirs voulaient émanciper de l’esclavage et de l’égalité des droits. Ourika n’était pas au courant, bien qu’elle ait souhaité <<j’aurais voulu être transportée dans ma patrie barbare, au milieu des sauvages qui l’habitent, moins à craindre pour moi que cette société cruelle qui me rendait responsable du mal qu’elle seule avait fait>> (Duras 28). Cette citation montre que Ourika est enracinée dans l’aristocratie mais blâme aussi la société française pour son malheur. Elle l’a dépouillé de toute compréhension de la véritable situation de l’esclavage, qui lui refuse l’empathie et croit donc que leur sort est meilleur que le sien.

La vie et l’empathie d’Ourika est encore plus intéressante par rapport à la vie de Dido Elizabeth Belle. Dido Elizabeth Belle était une femme née d’un père aristocratique blanc et d’une mère esclave en 1763. Elle a été élevée dans une maison aristocratique en Angleterre aux côtés de sa cousine, Lady Elizabeth Murray. Dido était bien éduquée et élevée avec sa cousine, mais on lui donnait une allocation moindre que celle de son cousin, et elle ne dînait pas avec les invités quand ils venaient à la maison (Card 1-3). Cela contraste fortement avec la façon dont Mme de B a soulevé Ourika, car Ourika avait tous les privilèges qu’elle aurait si elle était blanche. Depuis Dido est né dans l’esclavage, son oncle l’a libérée dans son testament et s’est finalement marié et a eu des enfants. Bien que Dido ait environ 20 ans de plus que Ourika, la différence dans leur vie est intéressante puisqu’ils sont tous deux nés en esclavage et élevés dans des ménages aristocratiques blancs. Cette différence crée une question intéressante d’empathie: la tentative de Mme de B de faire preuve d’empathie avec Ourika et de la relever comme une fille égarée et en fait un acte de pitié? Ourika dit <<je ne désirais rien de plus. Je ne pouvais m’étonner de vivre au milieu du luxe, de n’être entourée que des personnes les plus spirituelles et les plus aimables; je ne connaissais pas autre chose>> (Duras 8). Cette citation montre l’attachement d’Ourika à l’aristocratie. Dans le roman, il semble que sa seule option pour le mariage serait si elle se marie en dehors de l’aristocratie dont elle ne veut pas. Cela soulève la question de l’empathie avec la race et le genre. Ourika aurait-elle été plus heureuse si elle avait été élevée comme Dido Elizabeth Belle d’une manière légèrement différente de ses homologues blancs ou est-ce juste une différence entre la société anglaise et française? Jusqu’à la fin du roman, Ourika semble croire qu’elle serait plus heureuse si elle n’était pas dans l’aristocratie française et si elle était restée esclave.

Le rôle d’empathie dans la vie d’Ourika est très compliqué à cause de la période de temps, des rôles de genre et de sa race. La pitié est très évident dans la vie d’Ourika dans les yeux de la Marquise mais aussi dans les yeux de Madame de B. L’empathie c’est pas présent parce que pour l’empathie il y a des peuples avec des situations similaires. À la fin de sa vie, Ourika rejoint un couvent et dit à Charles, <<laissez-moi aller, Charles, dans le seul lieu où il me soit permis de penser sans cesse à vous…>> (Duras 45). La vie d’Ourika éclaire de nombreuses questions avec la société française, telles que le genre et les inégalités raciales au moment de sa vie. En fin de compte, l’écriture de Duras aide à s’adresse questions au sein de la société française et permet aux lecteurs de voir le rôle compliqué d’une femme aristocratique noire élevée dans une société qui n’a pas l’empathie pour sa situation.